Simulacre III
Créé le 15 mars 1996 à Liège dans le cadre du festival Ars Musica La série des Simulacres est dédiée à l’ensemble Accroche Note depuis 1991 durée 11 mn
Dans Simulacre I, le percussionniste est convié, comme dans des pièces plus anciennes, à des interventions vocales. C’est d’ailleurs une des figures remarquables de ce quatuor que d’observer combien l’écriture devient plus concentrée et comment la voix et les trois instruments sont convoqués, ensemble, d’un bout à l’autre de la pièce. Contrairement aux deux premiers Simulacres, Georges Aperghis abandonne la forme en cadence qui était une espèce de marque de fabrique de ces pièces pour fouiller un développement harmonique et rythmique à trois voix (les deux clarinettes ou la clarinette et l’alto constituant la voix médiane) à la fois plus complexe et plus homogène.
Virtuose, véloce, contrasté, le déroulement de la pièce est caractéristique des préoccupations de l’époque de Georges Aperghis : jamais le temps ne prend un contour abstrait et il se découpe d’une manière séquentielle, tout à fait conforme à une micro-représentation, où le silence et les ruptures, par exemple, prennent un sens tout à fait particulier. C’est ainsi que le théâtre, écarté du dispositif visible, réapparaît comme une mémoire cachée et tout à fait convaincante dans l’organisation de la pièce. On remarquera également comment Georges Aperghis convoque avec brio l’essentiel du vocabulaire qu’il a développé depuis près de trente ans, sans céder à aucun moment à un aspect démonstratif.
Antoine Gindt | ||||