Requiem furtif
1998

pour violon et claves
durée 7 mn
 

"Le Requiem Furtif est une sorte de portrait glacé à la Giacometti" . Dans cette oeuvre, ce sont les quintes des cordes du violon qui servent d'idée de départ (cf. les gammes par tons aux intervalles de neuvième). Le silence est là, trouant un dialogue où chacun essaie d'influencer l'autre, mariage inédit et diabolique, un peu contre nature, d'un instrument rythmique (trois sons de claves différents) avec le symbole romantique de la mélodie.

Aperghis m'a confié que son Requiem (furtif lui aussi) venait du fond sans fond, de l'inconscient d'un rêve : « Dans un cimetière, les arbres. Ils cliquetaient dans le vent, tout le cimetière vibrait de feuilles en bois, solides. »

Mais - et c'est là l'essentiel -, ce rêve, il l'a oublié. Oublié pour commencer. Il n'est revenu qu'après, une fois qu'il s'était écrit (et non illustré) depuis la mémoire enfouie du corps.

Oublions donc le rêve. Le Requiem furtif s'écoute comme un corps à corps entre le violon « vivant » et les claves « mortes ». Comme une étude sur « l'activité et le vide ».

Peter Szendy

 

Cette pièce a été créée lors d'un concert S :i.c. au théâtre de L'aquarium, Paris, en mars 1998.