Récitations pour soprano L'image présentée, une récitation apprise par coeur - celle de l'écolier qui parfois hésite, puis se rattrape - rend plus poétique encore la déroute du sens que permet la répétition machinale. C'est, comme d'autres l'ont dit - mais osons le pluriel : un portrait de femmes. On peut énumérer, répertorier, inventorier (des mots chers au compositeur) les attitudes que le compositeur suggère à chaque instant à l'interprète : déterminée (Récitation 10, partie gauche, 1ère version), câline mais peut-être indifférente (5), contemptrice au bord de la cruauté (13), très jeune fille qui s'ouvre à la vie, écoutant sa maman (8, partie centrale, version verticale), mondaine mais démultipliée (11), acceptant son destin, et presque désincarnée (14)... Parce que chaque Récitation est un minuscule théâtre à soi seul. On joue sur la langue, sur son bruissement. C'est de l'humanité, plus généralement, dont parle le compositeur. Lui se pose dans la situation de celui qui doit inventer le petit alphabet du monde. Cette pièce est dédiée à Martine Viard. | ||||