Happy End
Né en 1969, Hans Op de Beeck s'est signalé par d'énormes installations à échelle réelle représentant des sites ubains imaginaires, ainsi que des installations vidéos, des dessins, des films d'animation. Son univers est imprégné d’une douce désolation, d’une solitude ironique. Non pas dénonciation révoltée d’un monde féroce, mais exploration calme d’un univers où c’est déjà trop tard : tous autant que nous sommes, nous y sommes en exil, décentrés, consentants, en attente d’un événement qui ne surviendra pas. En collaboration avec Bruno Hardt et Klaas Verpoest, Op de Beeck a conçu pour "Happy End" un film d'animation au ryhme lent - une errance illimitée dans de vastes cités imaginaires. A cette longue dérive répond la musique d'Aperghis, motorique, inarrêtable, et saturée d'ambigüité : elle semble toujours combinaison vacillante de deux ou trois sources musicales différentes, équarries dans une grille rythmique dessinée au rasoir. Les voix de Michael Lonsdale et Edith Scob, enfin, travaillées avec Sébastien Roux (à l'IRCAM, toujours), en une stupéfiante partition électronique qui tient du manga, du dessin animé et du jeu vidéo, racontent l'histoire du Petit Poucet - la perte et l'errance, mais aussi la ruse et le courage de celui qui a tout perdu. (JL Plouvier)
La perte de traces, la mémoire altérée, les repères disparus au sein de "mixages" inédits, les codes changés, méconnaissables, les notes émiettées qui s'envolent, le chapelet mélodique dispersé, les mots vides de sens, l'amnésie et l'angoisse qui s'en suit, les efforts de se souvenir, de retrouver un sens, une route, la peur d'être "seul" à jamais, au milieu des foules, des cités gigantesques... Essayer de retrouver ce que jadis étaient la « musique », le « verbe », les « gestes quotidiens ». (G.A.)
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