Cinq pièces pour espérou et violoncelle
1992/93
durée 15 mm

Douleur, maladie : Georges Aperghis a souvent recours à ces mots pour parler de ses oeuvres (et non de la composition : je n'ai jamais entendu chez lui la moindre allusion à un quelconque pathos de la « création »).

Il dit ainsi, de cet instrument nommé espérou qu'il a imaginé avec Françoise Rivalland, Eléna Andreyev et le luthier Sylvain Ravasse , que c'est « un violoncelle malade ». Un violoncelle « affecté », qui prolonge et fait pendant au violoncelle « en bonne santé » des Cinq pièces.

L'invention organologique découle ici très exactement de la necessité de l'écriture, conçue comme captation d'un « monde viscéral » : la musique transporte « dans l'intérieur d'un ventre, dans les plis d'un corps qui bouge, au milieu du courant continu qui meut les viscères ». Et c'est comme « déconnectés du corps » qu'on entend les voix des deux instrumentistes - leurs voix de tête, aimerait-on dire, dont le port (de tête) est emporté dans le flux.

Peter Szendy