Dark Side
Extraits de l'Orestie d'Eschyle traduits par François Regnault

 

Pour moi cette rencontre ça fait longtemps que je l'attends

Les phases de la vengeance sont venues avec le temps enfin !

Je suis debout où j'ai frappé tout est fini

J'ai agi ainsi ça je ne le nierai pas

Qu'il ne fuie pas qu'il n'évite pas son sort

Sans issue le filet dont je l'enveloppe

Sans issue le filet comme pour les poissons

Femme - quoi donc - feu - signaux de feu - signaux - feu - signaux -

Et je le frappe deux fois deux gémissements et il s'affaisse
ses membres lâchent il est par terre

De feu - signaux - de feu - femme - signaux - de feu - dans la nuit - feu - message

Alors son âme il la crache

Tombé

Exhalant son sang issu de la pointe perçante

C'est lui mon époux mort par cette main droite la mienne travail d'un juste ouvrière

Quelle, pour une femme plus douce lumière luit à luire lui qui revient -

Come my king - let the new day shine - no time to lose ! - celui qui revient - come, come my king - victorieux sur le front de la guerre - le chef de l'armée mon cher époux qui revient - calmant la dévorante flamme - dans la longueur du temps - vite plus vite -

Je danse d'allégresse - let the new day shine - no time to lose - je ne rougirai pas de ces élans d'amour -

Va dire à mon époux - vite qu'il revienne - qu'il retrouve l'épouse fidèle dans la maison -

Femme sans son homme - assise toute seule - dans la maison - c'est horrible - et qu'en ensuite on apporte mauvaise nouvelle sur mauvaise nouvelle - criant malheur dans la maison -

Regarde ! pris dans les filets - regarde le taureau - il est pris dans le filet - je l'ai saisi par sa corne noire et je frappe -

Profond malheur qui se prépare dans la maison -

Tant de rumeurs hostiles - que de cordes à mon cou - dans les airs - suspendues dans les airs - d'autres me détachaient par force - moi qui me pendais -

De mes pleurs - les jaillissants flots - se tarissaient - plus une larme - goutte -

Maintenant - j'ai souffert tous ces maux - d'un coeur dégagé - j'appellerais bien cet homme : chien de berger, câble sauveur du bateau, de la haute toiture colonne solide, fils unique de son père, la terre apparaissant aux matelots contre tout espoir, la plus belle lumière qui suive la tempête -

Maintenant - maintenant viens - viens - viens à moi - chère tête chère tête, viens à moi -

Que surgisse un passage de pourpre vers la maison - qu'il n'espère pas que le conduise Justice. Le reste une pensée non vaincue du sommeil s'en chargera -

Le reste - fixé par le destin -

Quand on prépare - au méchant - des méchancetés - ceux qu'on fait semblant d'aimer - comment - les filets du malheur - plus loin - comment ne les tendrait-on pas - bien plus loin - qu'il ne courre - les empêchant de fuir ? Pour moi - cette rencontre - ça fait longtemps - que je l'attends - les phases de la lutte - sont venues - avec le temps - enfin -

Sans issue -

Sans issue les filets - comme pour les poissons - le filet dont je l'enveloppe - riche robe de malheur - et je le frappe - deux fois - deux gémissements - et il s'affaisse - ces membres lâchent - il est à terre - un troisième coup je lui redonne - alors son âme, il la crache - tombé et exhalant son sang - issu de la pointe perçante - il m'asperge - de gouttes noires de sa sanglante averse - moi qui ne jouis pas moins - qu'offert à la rutilante rosée - le germe enveloppé du bourgeon -

C'est lui - mon époux -

C'est lui - mon époux - mort par cette main droite - la mienne